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Date de création : 18.07.2011
Dernière mise à jour : 20.05.2013
303articles


MER AU VENTRE

Publié le 20/05/2013 à 18:04 par lebontempsdelavie

 

 

Je m'assois mer en fuite au bord d'horizon

nous sommes seuls moi bien plus et ma solitude

idéale

 

la mer n'offre que des dialogues

 

 

Séverine Castelant

 

 

SÉVERINE CASTELANT

revue du net "Paysages écrits n°13 

https://sites.google.com/site/revuepaysagesecrits/ 

poème 301

 

 



MAIS QUI SUIS-JE ?

Publié le 17/05/2013 à 20:48 par lebontempsdelavie

 

 

Je fus l'oiseau : je vivais des miettes que me jetaient

          les quatre vents.

Je fus l'homme : je subsistais grâce à des transfusions

          de temps.

Je fus chien : je rongeais ma chaîne avec ma chair.

Je fus argile : je rêvais de sentir sur moi les doigts

          divins.

Je fus girafe : je grignotais les feuilles de l'arbre de Vie.

Je fus taupe : je passais au crible de mon corps toute

          la tendre Terre grise.

Je fus chat : je jouais à la souris avec la mort.

Je fus feu : j'écrivais des lettres brûlantes aux forêts.

Je fus dieu : j'inventais l'enfer afin d'y établir

           ma résidence secondaire.

À présent, je suis moi - me dit-on - mais qui suis-je ?

 

                                 Marc Alyn

 

 

MARC ALYN

"Le scribe errant" 1993

Editions le Castor Astral

poème 300

SENTINELLES DE L'IMMOBILE

Publié le 11/05/2013 à 18:40 par lebontempsdelavie

 

...// alors l'attention des ombres

sentinelles de l'immobile

silence

le silence écoute

mais rien ne la faisait revenir.

alors l'attention des ombres

sentinelles de l'immobile

fuite

des lettres

dans le blanc du bois dormant

alors l'attention des ombres

autour d'un e muet //...

 

Solirenne

 

SOLIRENNE

"Sentinelles de l'immobile"

Atelier Rougier V.

"Ficelle" n°94 2010

poème 299

 

 

 

 

NUIT D'ENCRE

Publié le 09/05/2013 à 19:33 par lebontempsdelavie

 

Ce n'était peut-être pas une nuit

Mais seulement

Ma voix d'encre

Qui flottait comme une neige

Et que je voyais peu à peu

Tomber en flocons sur la page

Tracer une phrase rapide

Sécher

Puis blanchir vers le jour

Jusqu'à n'être plus qu'un de ces corps étrangers

Que la ville engloutit chaque jour

Indifférents à tout

Ignorant leur voix d'encre qui file au caniveau

Et jusqu'à l'existence

Éphémère, accidentelle

De ce qui un jour

Autrefois

Par quel hasard nuageux

Avait fini par dire moi

Ce n'était peut-être pas ma voix

Mais seulement une nuit d'encre

Qui neigeait sur elle-même.

 

Samuel Dudouit

 

SAMUEL DUDOUIT

Poésie/première

n° 55 mars 2013

poème 298

Publié le 05/05/2013 à 17:41 par lebontempsdelavie

 

 

Il faudrait pouvoir dire

La nuance des verts à l'infini

La mer s'unissant au ciel

En un grand calme de pluies

 

Et rester vivre là où

Des voix du monde se mêlent

Aux cris d'oiseaux des mers

Là où comme le sable

On se ridera de vent et de sel

Là où le soir tombe

Simple et solennel

Révélé comme un secret

 

Renata Ada Ruata

 

 

RENATA ADA RUATA

Anthologie "pas d'ici, pas d'ailleurs"

Voix d'encre 2012

poème 297

 

 

FINALEMENT

Publié le 27/04/2013 à 19:33 par lebontempsdelavie

 

Et si finalement nous n'étions que des fous,

des gosses un peu méchants, pas tout à fait des loups.

Toujours il nous faudrait des causes désespérées,

pour le sang justifier sur nos âmes souillées.

 

Et si finalement, oubliant toute éthique,

écoutant ces ordures d'hommes politiques,

nous avions oublié la vraie fraternité,

préférant nous cloîtrer devant nos télés.

 

Et si finalement nous n'étions qu'une erreur,

haïssant, détruisant, effaçant les couleurs,

de ce monde trahi par notre incompétence,

que nous avons sali et rempli, de violence.

 

Et si finalement nos dieux étaient des leurres,

créés à bon escient pour dispenser la peur.

Chrétiens ou musulmans nous sommes aveuglés,

sacrifiant nos enfants pour des stupidités...

 

Et si finalement, un jour, au grand charnier,

un tas d'ossements était là pour témoigner,

que nous étions simplement des animaux,

ni noirs ni blancs...juste des prédateurs un peu idiots...

 

Jean-Claude Di Ruocco

 

 

JEAN-CLAUDE DI RUOCCO

"Frontières" Editions Transbordeurs 2004

poème 296

 

 

LA NUIT CÔTÉ RÊVE

Publié le 23/04/2013 à 19:45 par lebontempsdelavie

 

 

la nuit

je renverse

 côté rêve

à l'intérieur

 

sous l'écorce

ventre plein

j'ouvre

j'observe

sous moi

l'être

moins étranger

au temps

 

je me déballe

zeste et peau

et replace

corps et robe

et une parcelle

de nous

la nuit

 

 

Marie-Josée Charest

 

 

MARIE-JOSÉE CHAREST

Anthologie "pas d'ici, pas d'ailleurs"

Editions Voix d'encre 2012

poème 295

 

 

 

 

CE PRINTEMPS DE CHÂTEAUX CATHARES

Publié le 22/04/2013 à 19:34 par lebontempsdelavie

 

Attentif à l'éveil des ruines

salué par les passereaux

ce printemps de châteaux cathares

Le ciel insensiblement change

et s'invite un âpre cantique

puisé au battement des songes

La fraîcheur d'un ruisseau ricoche

sur le vert des ceps assoupis

Mais où est le sceau qui marqua

l'échine sensible du site

Des siècles convient les murs

au retour de l'enchantement

Après celles des trépassés

révélations laborieuses

des abeilles à un églantier

 

Jean-Vincent Verdonnet

 

 

JEAN-VINCENT VERDONNET

"Six poèmes inédits" 2013

Revue "Voix d'encre" 48

poème 294

ONDÉE

Publié le 18/04/2013 à 21:25 par lebontempsdelavie

 

J'ai vu l'eau ricocher

Chanter un air d'Annam

Sur les tuiles de la pagode.

Grelots en liberté,

Perles de lotus,

Percussions extravagantes

Plongeant dans le bassin

Effleurant l'onde

Comme des ongles parfumés

D'une joueuse de Dan tranh.

Les bananiers s'agitaient

Haraguant l'orage

Luisants, radieux, ivres.

Puis l'air s'est adouci

Sous les grondements du ciel

Et les bulles-billes d'eau du bassin,

Translucides

Frémirent comme les bambous du Dan t'rung.

Et plus la turbulence rugissait

Crevait l'abcès

Plus ma peau frissonnait, respirait,

S'embaumait du souffle du Vietnam.

 

Emmanuèle Lagrange

 

EMMANUÈLE LAGRANGE

"Carnet du Vietnam"

Voix d'encre n°48 (2013)

poème 293

LES GALETS SONT NOS PÈRES

Publié le 14/04/2013 à 18:43 par lebontempsdelavie

 

Les galets sont nos mues célestes, nos oiseaux liges. Nous les prenons comme des brins morcelés d'une autre vie. Ces voix sont nos reliques. Nos corps intermédiaires. Peut-être un cœur, ce galet qui palpite. Peut-être main tendue, l'appel d'une caresse. Comment réaliser ces galaxies de mots, de langues, mesurer la distance ? ...Les galets sont nos pères, nos frères. Notre passé, notre avenir, l'alpha et l'oméga de la parole. Quand le silence reviendra, moi mes cailloux, toi tes noces, entre perles d'ivoire et vents des îles, nous reprendrons nos danses dans les vagues.

 

Pierre Colin

 

PIERRE COLIN

"Les soleils de l'Apocalypse"

Encres Vives n° 416 mars 2013

poème 292


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